samedi 9 octobre 2010

« Puducherry will not be the same if you litter »

Telle est la jolie et encourageante phrase que l'on peut lire, par deux ou trois fois, sur des panneaux d'un côté et de l'autre du front de mer. Il y a pourtant du pain sur la planche, ou plutôt des chapatis sur le tawa... Les déchets, ici, sont partout. Ils forment des petits tas, nonchalamment adossés contre un tronc d'arbre ou un poteau posé là, ou bien des collines aux pentes douces, voire des montagnes à certains endroits, dans lesquelles chiens et vaches n'hésitent pas à fourrer leur museau à la recherche d'un éventuel petit casse-croûte. Des sacs en plastiques, des emballages en tout genre, des fruits trop faits, des épluchures multicolores, ou autre espèce de « rubbish », que je ne parviens parfois pas à distinguer. Les emballages ici abondent. Les petites échoppes de la rue vendent des sachets en plastiques remplis d'eau ou de lait, que les gens jettent à terre quand ils ont asséché leur soif; et le papier journal dans lequel sont servis les fried rice, les dhals ou les noodles se retrouvent à terre une fois que les estomacs de leurs propriétaires ont été remplis. Quelle ne fut pas ma surprise quand j'ai vu une jolie petite indienne, si mignonne dans ses habits colorés, dont les cheveux luisants étaient admirablement tressés, jeter sans vergogne un bout de papier par terre, tandis qu'un homme non loin d'elle balançait une bouteille vide entre les rochers du front de mer... Pourtant, la promenade devant la mer est un des seuls endroits de la ville où l'on peut trouver des poubelles: ce sont de jolis petits lapins, qui ouvrent gentiment leurs bras aux déchets des passants.

Surprise donc, mais également remise en question. Réflexion d'ordre culturelle. Méditation rubbishique. Pensées sociologico-éducatives... Tout cela en menant tout de même ma petite enquête et en tachant de comprendre où partaient les déchets pondichériens. Lorsque je suis arrivée ici, la question ne se posait que de manière abstraite, puisque je jetais mes ordures dans la poubelle de la cuisine de l'auberge « Le Rêve Bleu », qui m'accueillait pour mes premiers jours, et que mes déchets disparaissaient je ne sais trop comment. Mais la question me trottait dans la tête, et je me demandais comment j'allais faire, moi, quand j'habiterai dans mon petit studio, pour me débarrasser de mes sacs poubelles... Serai-je obligée de les stocker chez moi, ou bien devrai-je me résoudre à aller les empiler sur une des collines de plastique de la ville? Tournicotis mentaux, jusqu'à un beau matin, quand j'ai enfin compris que le coup de sifflet à 7 heures, tonitruant dans ma petite rue encore toute silencieuse, signalait le passage du ramasseur de poubelles, traînant derrière lui un grand chariot, version indienne de nos gros et puants camions.
 

        Restait à savoir où allaient donc ces sacs après leur voyage sur cet engin à roulettes…Ce fut chose faite lorsque, lors d’un travail réalisé dans le cadre de mon stage, je découvris que les déchets de la ville étaient brûlés non loin de quartiers peuplés par des populations pauvres, celles-là mêmes auprès desquelles INDP était venu en aide, il y a 2 ou 3 ans, pour les aider à reconstruire des maisons dignes de ce nom...

      Mais il me faudrait pas donner une image fausse de ce sujet en Inde: Augustin m'a dit que le poslystyrene et le plastique n'etaient pas si vieux que cela, et qu'avant l'introduction de ceux-ci les indiens utilisaient des materiaux biodegradables. Aujourd'hui encore, les ecolos indiens ne sont pas tant ceux qui participent au nettoyage de la cote -comme cela a ete fait le 25 septembre- mais, a mon humble avis, ce sont les petits vendeurs des rues qui me donnent du lemon rice emballe dans un feuille de bananier, elle meme enveloppee d'une feuille de papier journal...

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