samedi 30 avril 2011

Muscat, à la croisée des mondes…


Aujourd’hui, c’est salamaleikoum que je vous dis à tous. Après un retour en France de trois petits mois, reglementations de visa obligent, me voici repartie pour deux mois dans nepalo-indiens. Mais avant de retrouver les moix de coco, les epices et les couleurs, petit detour par la peninsule arabique...

Après une courte nuit dans les nuages, entrecoupée de trous d’air, d’annonces en arabe et de repas miniatures dégustés avec des couverts en plastique doré, j’ai atterri à Muscat, capitale d’Oman, dans la péninsule arabique. Je suis en transit dans cet aéroport, entre Paris, que j’ai quitté hier soir, et Kathmandu, capitale du Népal, qui m’ouvrira ses portes en fin d’après-midi. 4 heures d’attente à l’aéroport de Muscat, propices à l’observation méticuleuse de ce lieu si fantastique par son cosmopolitisme. Je pêche des sensations, j’attrape des sons et je vous relate ici mes impressions…

Dans cet aéroport, trois mondes se croisent. Le monde arabe, tout d’abord, sur le sol duquel je me trouve. Pendant toute la durée du vol qui m’a menée jusqu’ici, l’écran devant moi indiquait la direction de La Mecque, afin que les passagers musulmans puissent se positionner correctement pour faire leurs prières. J’espère qu’ils y sont parvenus, malgré l’espace très étroit qui leur était laissé entre les sièges d’avion pour se tourner si besoin en était. L’aéroport de Muscat a des allures de palais des mille et une nuits. Ses murs ont la couleur du sable du désert sur lequel il est posé. A l’arrivée, c’est un homme en djellabah, qui discutait en arabe avec ses collègues, qui m’a faite passer le contrôle de sécurité. Ici, les snacks servent de la viande halal et certaines femmes, dont celles qui posent sur les affiches placardées sur les murs de l’aéroport, sont voilées. Le hall d’attente est doté de deux mosquées : l’une pour les femmes et l’autre pour les hommes.
            Dans cet espace de transit, le monde indien est quant à lui presque plus présent que son homologue arabe. Les indiens composent autant le personnel de l’aéroport que les voyageurs en transit, qui poireautent à mes côtés en attendant que leur avion décolle. La péninsule arabique est en effet une terre d’accueil pour nombre d’indiens, qui viennent y chercher un emploi mieux payé que chez eux. Ils viennent y travailler quelques années, avant de retourner au pays. Les vols au départ de Muscat sont d’ailleurs, pour la plupart d’entre eux, à destination de villes indiennes. Je reconnais les saris colorés des femmes, je retrouve leurs bijoux dorés et leur puttu, ce point rouge qu’elles arborent entre leurs deux yeux et qui font resplendir leur peau brune. Certains ont allumé leur portable et diffusent de la musique indienne dans le hall. J’entends parler hindi, tamoul, et certainement d’autres langages que je suis incapable, après ma courte expérience indienne, de reconnaître. 


            Enfin, à ces deux mondes orientaux se superpose le mien : celui des européens qui partent vers l’Asie, vacanciers en manque de soleil, d’exotisme et d’aventure. Certains ont dormi là, affalés sur les moquettes, la tête reposant sur leurs sacs. Ils en ont encore la trace sur les joues. Ils ont revêtus leurs vêtements de sport, afin d’être bien à l’aise pendant la durée du voyage. On les croirait sortis de Décathlon. Il y a aussi des hommes vêtus de costard, certainement en quête d’affaires à faire.


           
            Je suis spectatrice de ce mélange de cultures, de ce bouillon dans lequel se côtoient ces mondes si différents sans pour autant se mélanger. Les allers et venues se multiplient, les gens achètent des choses et d’autres en duty free. Les annonces se succèdent, les avions décollent pour Calcutta, Bombay, Delhi ou Bangkok. Encore quelques heures d’attente pour moi avant de rejoindre la porte 21, d’où décollera mon engin pour Kathmandu…

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