dimanche 12 septembre 2010

Air India

       Petit retour en arrière, et arrêt sur cette étape de mon chemin jusqu'à Pondichéry. Après une petite après-midi d'attente dans l'aéroport de notre cher général – CDG pour les intimes- puis dans la salle d'embarquement, gigantesque et peuplée de voyageurs en partance pour des destinations des quatre coins du monde, c'est avec enthousiasme que j'ai franchi la « gate F49 » et traversé le petit tunnel suspendu menant au bolide qui allait me trimballer jusqu'en Inde. Autour de moi se pressaient des familles d'indiens, qui sentaient bon les épices et l'encens, mais également bon nombre de jeunes routards en sac à dos et de touristes d'un certain âge. A l'intérieur de l'avion, je me suis immédiatement sentie ailleurs. Sur la coque de l'appareil, puis sur tous les panneaux, y compris celui des toilettes, les termes anglais étaient traduits en hindi. Un petit écran tactile se tenait devant chaque passager, présentant une jolie photo du Taj Mahal en guise de « page d'ouverture » et proposant des films en hindi; les personnages dessinés sur la petite feuille de consignes de sécurité étaient vêtus à l'indienne, et même avec un masque sur le visage ou un grotesque gilet de sauvetage, les femmes en saris étaient élégantes. Les hôtesses de l'air, parées de somptueux saris aux couleurs de la compagnie, nous ont servi des plateaux repas - « vegetarian » ou non, c'était au choix, exigences hindoues obligent- sur lesquels trônaient de minuscules récipients remplis de saveur indiennes -mais aussi bien françaises, à l'image du « yaourt de blanc de Savoie » servi en dessert, ou de la petite plaquette de beurre Président pour accompagner la mini-baguette: un mélange gastronomique interculturel, le trait d'union nécessaire au passage de l'un à l'autre sans heurts. Les annonces que crachotaient les hauts-parleurs étaient incompréhensibles, que ce soit dans leur version hindi ou anglaise. Cela inaugurait ce que je n'allais pas tarder à découvrir: les indiens possèdent leur propre langue anglaise, dont la prononciation diffère pleinement de celle de nos gentils professeurs à l'accent oxfordien... A mes côtés, ça discutait en hindi -ou était-ce une autre des nombreuses langues que possèdent l'Inde? - et ça feuilletait le Guide du Routard ou le Lonely Planet. La nuit fut courte et, de surcroît, mouvementée par les trous d'air rencontrés au-dessus de la mer noire puis de l'Afghanistan, ainsi que par les éclairs grandioses éclatant juste à côté de nous lorsque l'avion traversait de gros nuages pakistanais. Delhi n'était plus très loin, moi si.

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